Vivre ensemble

L’habitat participatif, un projet de vie, une aventure humaine

L’habitat participatif émerge tout juste en France, alors que des pays comme l’Allemagne ou la Suisse intègrent depuis longtemps ce nouveau modèle de construction. En Suisse, c’est déjà 5 % du parc logement qui a été bâti sur ce modèle, tandis que l’Allemagne compte plus de 2 millions de logements coopératifs.

En France, si l’habitat participatif reste marginal, il commence à séduire de plus en plus de particuliers et fait réfléchir les opérateurs traditionnels.

L’habitat participatif une logique alternative encadrée

Comme son nom le laisse entendre, l’habitat participatif signifie que plusieurs personnes se regroupent pour construire leur logement et vivre de manière plus communautaire.

Cette logique alternative est encadrée en France par la loi ALUR de 2014, qui définit l’habitat participatif en ces termes : “une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s’associer, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun… l’habitat participatif favorise la construction et la mise à disposition de logements, ainsi que la mise en valeur d’espaces collectifs dans une logique de partage et de solidarité entre habitants“.

L’habitat participatif englobe tous les aspects d’un projet immobilier : le juridique, le financier, la construction, la gestion de projet, la stratégie, la communication.

L’habitat participatif n’est donc pas synonyme d’habiter ensemble dans le sens « collocation » ; il vise à habiter différemment,avec des espaces privés et des espaces partagés tels qu’un potager ou une buanderie. Ces espaces collectifs permettent ainsi de gagner des m² dans les appartements et de créer de nouveaux espaces.

De plus en plus de particuliers sont séduits par ce modèle, car, dans cette démarche, ils déterminent le résultat final de la copropriété.

En effet, l’acheteur n’est plus consommateur, mais acteur du projet d’habitat. Ainsi les logements sont conçus à partir des usages de chaque habitant. C’est une conception intelligente où le bien commun ne prime pas sur le vivre ensemble.

Le projet part ainsi du général au sur mesure. Les habitants et les architectes travaillent ensemble.

Monter un projet d’habitat participatif n’est pas forcément plus onéreux que l’achat d’un logement sur plan ou la construction d’une maison, car beaucoup d’intermédiaires disparaissent. Si ces intermédiaires disparaissent, il est néanmoins courant que les futurs habitants se fassent épauler par des assistants à la maîtrise d’ouvrage ou un accompagnateur pour aider à monter le projet (les tâches sont en effet nombreuses et font appel à de multiples compétences, de la recherche du foncier à la création d’un syndicat de copropriété).

l’habitat participatif pour mieux vivre ensemble

L’habitat participatif est avant tout une aventure humaine. La construction d’un immeuble peut sembler décourageant ; pourtant, il permet aux habitants de se réapproprier leur logement et leur espace de vie. La mixité culturelle et générationnelle des groupes favorise l’avancement du projet, même dans les moments de difficulté ou de tension : tout est absorbé et digéré plus facilement par le collectif.

Cette cohésion sociale est génératrice du sentiment de citoyenneté et du vivre ensemble. Avant même d’emménager, les habitants connaissent leurs voisins. La construction est ainsi orientée pour que les gens se rencontrent et s’entraident dans le futur :

  • Aider pour l’entretien du jardin ;
  • La mise en place de covoiturage ;
  • L’organisation d’un roulement pour aller chercher les enfants à l’école, etc.

Un modèle qui commence à se décliner en France

En France, c’est à Montpellier que le projet le plus connu a vu le jour. Intitulé « Mascobado », ce projet d’habitat participatif, initié en 2016, était dès le départ ouvert aux futurs propriétaires et aux locataires. Une aventure dans laquelle 23 familles se sont lancées. Ce projet est suivi par l’ADEME avec plusieurs intervenants (sociologue, économiste et environnementaliste). Il permet d’évaluer de façon neutre le projet pendant sa construction et deux ans après sa livraison, pour répondre notamment aux questions suivantes :

  • L’habitat participatif est-il moins cher dans la construction ?
  • L’habitat participatif est-il moins cher dans l’usage ?
  • Quel est le résultat environnemental lié au compost, au covoiturage ou même aux prêts de matériel de bricolage ?
  • Les habitants sont-ils in fine plus heureux ? Existe-t-il une plus-value émotionnelle ?

À ces questions et à beaucoup d’autres, l’ADEME apportera une réponse autant pour les particuliers que pour les collectivités locales.

Découvrir le projet en vidéo :

Il est nécessaire dans un monde en mutation d’entreprendre différemment les politiques locales et d’offrir un paysage urbain varié et attractif. Avec l’encadrement de la loi ALUR, ce modèle d’innovation sociale est reproductible dans toutes les villes de France. L’habitat participatif offre une nouvelle manière de produire du logement où le vivre ensemble et le lien humain sont à l’honneur. C’est donc une question de société pour les collectivités qui bâtissent dès aujourd’hui l’attractivité des villes de demain. Une affaire à suivre…