Vivre ensemble

Les maires à l’action : des initiatives surprenantes pour l’environnement

Le recyclage, c’est wonderpoule !

Savez-vous qu’une poule peut consommer 75kg de déchets organiques par an, des déchets qui encombrent jusqu’à 30% de nos poubelles ? La poule, de nature omnivore, est donc un parfait allié pour faire baisser la quantité de nos détritus ! Fort de ce constat, plusieurs municipalités, comme Saint-Maur-des-Fossés, Rodez, Bordeaux ou encore Colmar ont décidé d’offrir à leurs administrés cet utile gallinacé, par paire. Car sachons-le, la poule ne sait vivre seule et a besoin de compagnie.

La communauté de commune du Golfe de Saint Tropez se fait encore plus incitative en offrant un poulailler contre l’adoption de deux poulettes !

poulailler collectif

Si l’initiative peut paraître originale, les premiers retours d’expérience sont concluants. Exemple en Vendée : « Les résultats sont au-delà des attentes », confie Camille Milon, chargée de projet pour Trivalis, un syndicat à l’initiative du projet en Vendée. Au total nous avons distribué 600 poules sur tout le département de la Vendée. Au final, les déchets des ménages ont été réduits de 15%. L’accueil de deux poules a permis de réduire le poids des poubelles de 229 kilos par an et par foyer.

Certaines villes vont encore plus loin en installant des poulaillers collectifs, dans des écoles, des maisons de retraite ou autres lieux publiques. Les poules recycleuses devient alors entremetteuses : ces poulaillers partagés permettent en effet de créer du lien social entre les habitants, qui vont pouvoir, en plus, se délecter des œufs pondus !

Découvrez le cocott’arium, un exemple de poulailler collectif en ville :

 

C’est sûr, la poule est l’une des stars incontournables de la smart city !

L’hippomobile

Après la poule, c’est au tour du cheval de donner un petit coup de main aux collectivités « vertes ». Depuis le 10 décembre 2019, la ville de Charleville-Mézières teste un camion-poubelle d’un nouveau genre : une benne tractée par Axel et Upsy, deux chevaux de trait ardennais. Quatre quartiers font aujourd’hui l’objet de cette « hippocollecte » ; ce sera ensuite au tour de Sedan de mener la même expérimentation dans son centre historique courant janvier.

Au-delà de l’aspect green de la collecte, ce mode de ramassage des déchets permet notamment de regagner la participation des non trieurs. « C’est un mécanisme étonnant, mais créer du lien incite les gens à être plus attentifs à ce qu’ils mettent dans les poubelles » indique Boris Ravignon, président d’Ardenne Métropole. Et ça marche ! Dans les communes qui ont déjà adopté le ramassage des déchets hippomobile, la collecte de tri sélectif a augmenté de 15%.

Le compostage, l’affaire de tous

Quand on n’a ni poule ni cheval, le collectif sert là encore à trouver des solutions.

composteur collectifPour réduire nos déchets, de plus en plus de municipalités mettent à disposition des habitants des composteurs collectifs, placés en pied d’immeuble. Chacun peut lancer ce type de projets en en faisant la demande à sa mairie ; le plus souvent, 10 personnes doivent s’engager a minima. Les communes fournissent alors le matériel, dispensent une formation et accompagnent les porteurs de projets.

Une initiative citoyenne, écologique et qui permet de tisser des liens entre voisins.

Place au vert : quand les arbres remplacent les horodateurs

Nombreuses sont les villes qui aujourd’hui proposent aux automobilistes, en plus du paiement traditionnel, une solution de paiement à l’aide d’un smartphone. Ainsi, plus besoin de monnaie… ni d’horodateurs. Et la suppression des horodateurs signifie la fin des km parcourus par les agents pour récupérer la monnaie et gérer la maintenance des appareils. La société PayByPhone, avec 30 millions d’utilisateurs dans le monde, fait partie des sociétés qui développent et commercialisent ces applications permettant le paiement en ligne du stationnement. Elle est à l’origine d’une initiative intéressante visant à encourager les villes à remplacer les horodateurs devenus obsolètes par des arbres.

La ville d’Issy-les-Moulineaux s’est associée à ce dispositif et s’est engagée à réduire sa flotte d’horodateurs en 2020, en acceptant des plantations d’arbres là où c’est possible. Ce processus implique les citoyens, car plus ils paieront leur stationnement en ligne, plus les horodateurs disparaîtront, et plus la ville passera au vert.

Quand on sait que les espaces verts réduisent les risques de mortalité prématurée, notamment dans les villes (voir les conclusions de la dernière étude du Barcelona Institute for Global Health, parue le 21 novembre 2019), ce genre d’initiatives ne peut être qu’encouragée.

Les eaux de pluie pour faire fonctionner les toilettes publiques

Dans un tout autre registre, et à des milliers de kilomètres de nous, d’autres politiques imaginent les équipements publics de demain, et notamment les toilettes ! Le Département des Travaux Publics de San Francisco a ainsi lancé dernièrement un concours visant à récompenser le projet le plus innovant en termes de sanitaire urbain.
Alors, à quoi ressembleront les toilettes publiques de demain ?
Projetons-nous grâce au projet gagnant AmeniTREES. Très design, ces toilettes peuvent abriter sur leur toit des arbres ou des végétaux. La structure accueille par ailleurs des panneaux informatifs, visibles de l’extérieur, permettant de diffuser des images de sensibilisation à l’environnement. Mais surtout, ces toilettes fonctionnent avec l’eau de pluie ! L’eau de pluie récupérée est utilisée pour le rinçage, le lavage des toilettes mais aussi pour arroser la végétation en toiture ! Espérons que ces toilettes publiques seront rapidement déployées.

Kamikatsu, ville pionnière du zéro déchet au Japon

Finissons notre petit tour des initiatives collectives et citoyennes au Japon, dans le petit village de Kamikatsu. Une ville modèle en termes d’économie circulaire qui vise les zéro déchets en 2020. Mais comment fait-elle, alors qu’il y a quelques années encore, les habitants avaient pour habitude de brûler leurs ordures à ciel ouvert, voire de les jeter dans la montagne ?

Tout commence en 2003, quand le maire crée la Zero Waste Declaration et se fixe comme objectif de ne produire aucun déchet 17 ans plus tard. L’équipe municipale demande alors à ses quelque 1500 habitants de trier aux mêmes leurs déchets pour les déposer ensuite dans le centre de tri, érigé à l’endroit où se tenait l’incinérateur à ciel ouvert. Aujourd’hui, 45 bacs de tri permettent un tri hypersélectif (avec un retour financier plus important).

Cette initiative a nécessité la plus grande implication des habitants. Les équipes municipales ont jouer une rôle déterminant de sensibilisation ; les habitants les plus motivés ont été en parallèle recrutés pour influencer de manière positive leurs voisins. Devoir assumer soi-même un tri aussi poussé et contraignant pousse forcément à la réflexion en phase d’achat : les habitants produisent aujourd’hui moins de déchets car ils accordent une grande attention au packaging de leurs achats.

Par ailleurs, au centre de la déchetterie a été créé un magasin de dépôt-vente (« Kurukuru » qui veut dire circulaire en japonais) : les habitants peuvent y déposer toutes sortes d’objets ou meubles dont ils ne veulent plus, et emporter gratuitement ce qu’ils souhaitent. En 2016, 13 tonnes d’objets ont été déposées, pour 11 tonnes emportées. Le centre de tri est devenu un véritable espace communautaire où les habitants se retrouvent avec plaisir pour échanger et discuter.

Cette implication des citoyens a porté se fruits, puisque dès 2016, plus de 80% des déchets étaient recyclés !