Tendance immobilier

MIPIM 2019 : construire durable, habiter responsable

MIPIM, le plus grand marché international des professionnels de l’immobilier, a réuni du 12 au 15 mars dernier, à Cannes, les acteurs les plus influents du monde de l’immobilier. Pendant quatre jours, plus de 27 000 professionnels se sont retrouvés autour du thème de l’immobilier durable et responsable. À travers ce prisme, les conférenciers ont tenté d’envisager les trente prochaines années sous l’angle d’une croissance durable en répondant à trois grandes questions :

  • Quelles sont les stratégies pour créer de la valeur à long terme ?
  • Quelles alternatives pour assurer à tous une meilleure qualité de vie ?
  • Quelles sont les pratiques responsables vis-à-vis de l’environnement ? Et comment utiliser les ressources actuelles de manière plus rationnelle ?

Le MIPIM en quelques chiffres

  • 3 100 sociétés exposantes
  • 27 000 professionnels venus de plus de 100 pays
  • 360 intervenants, 100 conférences, 20 salles d’exposition
  • 5 400 investisseurs et 3 800 chefs d’entreprises et cadres dirigeants, une cinquantaine de représentants politiques, ministres et élus locaux de 17 pays

L’écologie, au cœur des préoccupations

L’ex secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a prononcé le discours d’ouverture du MIPIM. Invité de marque, il a exhorté le secteur de l’immobilier à « prendre les devants » en matière d’écologie.

« Notre monde traverse de profonds bouleversements, a-t-il rappelé, qui créent de fortes incertitudes et qui font peser sur nous des risques élevés ». Le vivre ensemble doit également faire partie de l’équation avec les villes du futur, avec un monde plus juste pour chacun de ses habitants, mais également adapté aux défis climatiques. « Il ne sera pas suffisant que nos villes soient « intelligentes » si elle n’attirent que des professionnels fortunés des jeunes ou des personnes qui n’ont aucun handicap physique, a développé l’ancien secrétaire général, les villes de demain doivent être pensées pour être des modèles d’inclusion pour tous ! ».  Pour Ban Ki-moon, il appartient au secteur et aux hommes politiques de prendre la tête du combat pour le développement durable en donnant l’exemple et en intégrant des critères pour construire durable et habiter responsable.

Un secteur en mutation

Plusieurs conférences ont tenté d’apporter des réponses concrètes face aux enjeux climatiques. L’internet des objets, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle ou encore le Big Data peuvent contribuer à accroître performance et rentabilité. Ces nouvelles offres technologiques ne sont plus dans le domaine de la fiction, mais une offre réelle qui change en profondeur les espaces urbains et nos modes de consommation. À l’instar des taxis drones à Cannes ou du robot Pepper en banlieue parisienne.

«En trois décennies d’existence jalonnées de crises financières et immobilières, nous avons observé une mutation et une expansion sans pareil du secteur. Nous avons assisté à une multiplication des acteurs. Désormais mondialisé, l’investissement immobilier se décline sous différentes formes comme le bureau, le résidentiel, la santé, l’hôtellerie, les loisirs, les résidences services, la logistique et le commerce» indique Ronan Vaspart, directeur du Mipim.

Il est donc question de concevoir les villes de demain en intégrant de nouveaux paramètres et en reconsidérant sa façon d’investir. « C’est un immeuble qui sait s’adapter aux transitions énergétique, carbone, écologique (biodiversité, matériaux…) et numérique, souligne Jean-Éric Fournier, directeur du développement durable de l’investisseur Covivio. Cela impose également davantage de flexibilité, notamment dans l’usage et l’occupation des lieux. »

Désormais, le domaine de la construction doit intégrer cette éthique et les villes doivent rénover le bâti existant pour tendre à ce modèle.

Place aux jeunes

Les Young Leaders Summit ont proposé un débat inédit intergénérationnel sur la ville du futur. La génération des « millénials », utilisateurs d’aujourd’hui et décideurs de demain, redistribuent les cartes. Cette génération se montre friande de tiers lieux oscillant entre espace de travail et de loisir. L’économie du partage et les services ultra consommables tendent à transformer le secteur immobilier en produit consommable, adapté aux nouveaux modes de vie.

« Comme de nombreux autres secteurs économiques, l’immobilier fait sa ‘révolution’ 4.0 ! » indique Ronan Vaspart, Directeur du MIPIM. Une révolution inhérente à plusieurs facteurs : la démographie, le climat, la technologie, l’économie… « La valeur de la construction sera désormais dans l’usage proposé et non plus dans le bâti. Mais au-delà des enjeux business, notre secteur a finalement une grande responsabilité afin d’accompagner la mutation de nos modes de vie. ».

Les MIPIM AWARDS

Pour clôturer cet événement, les MIPIM  Awards ont récompensé des projets exceptionnels du monde entier. Douze membres de la communauté immobilière qui composaient le jury et ont eu la lourde tâche de choisir parmi les 200 candidatures, les 12 projets les plus spectaculaires de leur catégorie.

Voici en images les finalistes :