Smart city

Taxi drone : embarquement immédiat !

En 1927, dans son film révolutionnaire Metropolis, Fritz Lang imaginait déjà la présence d’objets volants circulant entre les tours vertigineuses de la mégapole du futur. Ce qui relevait hier de la science-fiction et de l’imagination d’un cinéaste devient aujourd’hui réalité.

En découvrant le taxi drone Bell Nexus présenté par Uber lors de la dernière édition du CES de Las Vegas (11-16 janvier 2019), nos yeux ne peuvent que briller. Et encore plus quand l’entreprise américaine explique vouloir faire voler ses premiers drones taxi à partir de… 2023

Propres, silencieux et rapides

Face à la congestion des centres urbains des métropoles, la voie de l’air est vite apparue comme une des solutions de la mobilité urbaine dans les villes intelligentes de demain. Imaginez survoler les embouteillages, pouvoir vous déplacer rapidement sans contrainte, sans polluer, à bord d’un appareil facile à piloter, voire autonome, capable de décoller à la verticale de n’importe quel parking ou toit d’immeuble, et ce sans le brouhaha d’un hélicoptère, le tout dans un habitacle confortable.

 C’est pari réussi pour les taxis drone, dont les projets se sont multipliés, portés par de grandes entreprises comme Airbus, Boeing, Volocopter ou Uber, mais aussi des startups comme le chinois Ehang ; qui vient d’ailleurs de choisir la métropole lyonnaise pour y implanter son premier centre européen de recherche-développement.

 Un taxi drone, ça ressemble à quoi ?

De haut en bas et de gauche à droite : EHang 184, premier vol public en février avec des passagers à bord. Vahana, le prototype d’Airbus, 1er vol en janvier 2018. Le modèle de taxi drone pour Uber Elevate et Bell. Avion taxi autonome de Boeing – premier essai en vol le 22 janvier 2019

Zoom sur le taxi drone de Uber

Dans la course aux transports futuristes, Uber franchi une étape supplémentaire. Après l’Ubercopter (un voyage en hélicoptère reliant Cannes et Nice), Uber dévoile son prototype de taxi volant. Zoom sur ses fonctionnalités.

  • Vitesse entre 240 et 320 km/heure, altitude comprise entre 300 et 600 mètres du sol
  • Autonomie d’environ 96 kilomètres
  • Propulsion hybride électrique développée par le Français Safran Helicopter Engines (Cocorico)
  • Décollages et atterrissages verticaux grâce à six rotors inclinables de 600 kWe
  • Motorisation permettant de transporter 5 passagers ou transporter des colis
  • Premier vol d’essai prévu en 2020 à Dallas et à Dubaï
  • Premiers voyages à partir de 2023

Découvrez la vidéo sur le drone taxi Ehang avec des passagers à bord

Alors, quand serons-nous à bord d’un taxi drone ?

Techniquement, les avancées sont rapides et les premiers essais de vol sont menés avec succès. Volocopter estime que la prise en charge par taxi volant représentera 25 % du transport interurbain de passagers à l’horizon 2030.

En termes de coût, rien n’est encore officiellement annoncé. Lilium, une startup allemande créée en 2015 et financée en partie par Tencent, géant chinois des télécommunications, annonçait pouvoir proposer une liaison JFK-Manhattan à 36 dollars, en ciblant à terme les 6 dollars, pour un trajet facturé aujourd’hui entre 50 et 70 dollars en taxi classique. Des tarifs impossibles à tenir selon Airbus : pour l’avionneur, il faudra plutôt prévoir une enveloppe de 120 à 140 euros pour une liaison de 30 km.

Quelques obstacles restent encore à surmonter

Avant de prendre un taxi volant, il faudra répondre aux questions de réglementation et de sécurité.

Il est nécessaire tout d’abord de « réorganiser » le ciel et de mener une réflexion globale sur la sécurité aérienne. L’Agence européenne de la sécurité aérienne travaille ainsi par exemple sur U-Sky, un contrôle aérien automatisé auquel seraient reliés notamment tous les drones et qui traiterait les aspects « conflictuels » du trafic (attribution des créneaux de vol, autorisation de décoller, d’atterrir…) avec l’aide d’une intelligence artificielle.

Par ailleurs, se pose également l’interrogation de l’autonomie des drones : pas question pour un engin volant de tomber en panne! Or, nous avons déjà un retour d’expérience sur les inconvénients des véhicules électriques à batterie : autonomie limitée, poids des batteries pour peu d’énergie embarquée, long temps de chargement, sans évoquer les sujets purement environnementaux (problème des sources de production d’électricité, du recyclage des batteries…).

Pour autant, les constructeurs sont confiants : il ne s’agirait que d’une question de temps. «Au début des ascenseurs, il fallait quelqu’un dans la cabine pour rassurer »

Rêvons un peu : Présentation du Bell Nexus

Le Bell Nexus au CES 2019, comme si vous y étiez :