Smart city

Vers une mobilité durable
Episode 2 : se déplacer autrement

Nous l’avons vu précédemment, les usages collaboratifs de la voiture et le stationnement intelligent sont autant de pistes pour intégrer la voiture dans une logique de mobilité durable. Néanmoins, nul doute que nos voitures individuelles et polluantes seront de plus en plus écartées de la smart city, d’autant qu’elles conditionnent en grande partie l’étalement urbain. Les projets alternatifs ne manquent pas. Découvrons les projets parmi les plus surprenants.

Des autoroutes… pour vélos !

Cela ne vous aura pas échappé surtout si vous habitez en ville, l’usage du vélo est en pleine expansion notamment depuis la fin du confinement en France : sur les 8 derniers mois, la fréquentation des pistes cyclables a augmenté de 29 % en France par rapport à la même période de 2019. Mais pour inciter un public toujours plus large à prendre le vélo, il est indispensable de proposer à l’usager un environnement sécuritaire. C’est pourquoi de plus en plus de municipalités déploient de véritables autoroutes pour vélos, qui offrent une vraie solution pour désencombrer les abords des grandes villes.  A quoi ressemblent-t-elles ? A de larges pistes unidirectionnelles, de 3 à 4 mètres de large, équipées de ponts et de tunnels pour éviter les intersections, et permettant ainsi aux cyclistes de rouler sans obstacle à une vitesse moyenne de de 20 à 25 km/h (autant que les voitures en ville !).

L’Europe du Nord est sans doute la plus avancée dans le domaine : 40% des habitants de Copenhague prennent leur vélo pour aller au travail. Les pistes cyclables de la capitale danoise sont en effet reliées aux villes voisines par un réseau de 28 “véloroutes”, si bien que fin 2016 la circulation des vélos dépassait celle des voitures (265 000 contre 250 000). L’Allemagne, quant à elle, construit la plus grande autoroute cyclable du monde : longue de 100 kilomètres, elle reliera à terme dix villes et quatre universités. Une autoroute qui devrait soustraire à la circulation plus de 5000 voitures chaque jour.

En France, de plus en plus de villes mettent en place ces réseaux express vélo, comme à Grenoble, où le maire entend tripler le trafic en vélo avec le projet Chronovélo, qui devrait offrir dès 2022 une liaison rapide entre le centre de Grenoble et quelques communes périphériques.

Des points de recharge électrique… dans les lampadaires londoniens

Que cela soit en voiture, en trottinette ou à vélo, la mobilité électrique est résolument au cœur des smart city. Sans émettre de carbone, sans bruit, elle s’impose de plus en plus comme une alternative de transport éco responsable. Si l’on s’en tient notamment aux projections de Blackrock (société multinationale de gestion d’actifs), les ventes de véhicules électriques devraient s’envoler de 1,1 million actuellement à 60 millions à horizon 2040. La France, selon les études publiées par RTE, devrait de son côté compter en 2035 8,3 millions de véhicules électriques et/ou de véhicules hybrides rechargeables en circulation !

Mais pour favoriser l’essor de la mobilité électrique, de nombreux acteurs doivent se mobiliser, et notamment les fournisseurs de borne de recharge. Aussi, l’initiative londonienne, pour le moins originale, d’installer sur toute une voie des bornes de recharge dans des lampadaires mérite d’être soulignée : 24 points de recharge électrique, sur un kilomètre, équipent désormais l’avenue Sutherland, à Westminster, rebaptisée “l’Avenue électrique“. Objectif de la municipalité : doter la cité de 1.000 points de recharge d’ici la fin de l’année pour favoriser l’utilisation des voitures électriques.

Des lampadaires bien utiles dans les rues de Londres

Les navettes autonomes de Masdar City

Projetons-nous un peu plus loin en matière de mobilité électrique en nous rendant à Masdar City, dans la banlieue d’Abu Dhabi. Dans cette éco cité qui vise le zéro carbone, le zéro déchet non recyclable et 100 % énergies renouvelables, des navettes autonomes qui se dirigent grâce à un système de guidage satellitaire remplacent les voitures. Transportant 4500 personnes du dimanche au jeudi, ces véhicules conçus par l’entreprise française NAVYA relient le parking de Masdar City au centre-ville.

Nos voitures seront-elles un jour détrônées par des navettes électriques autonomes ?

L’entreprise française teste ces véhicules un peu partout dans le monde, au Japon, en Angleterre et même en France, précisément à Val Thorens. La ville a en effet été choisie en 2019 pour expérimenter l’utilisation de la première navette autonome électrique à 4 roues motrices au monde.

Des taxis autonomes et modulables

En plus de la propulsion électrique et de l’autonomie, la modularité peut également permettre de décongestionner nos villes. C’est en tout cas le parti pris par l’entreprise italienne Next qui développe des “modules roulants autonomes”, capables de s’imbriquer.

Connectés les uns aux autres, ils forment des sortes de bus sans chauffeur. Comme pour un taxi, il suffit d’appeler un ou plusieurs modules via son smartphone. Selon le constructeur, ces véhicules modulables « pourraient aider à rendre la circulation plus fluide en ville, en permettant de maximiser leurs taux d’occupation ».

@ Next – Jouer la modularité pour s’adapter aux flux des voyageurs

Mi Teleferico, le plus grand téléphérique au monde

L’éco mobilité s’appréhende non seulement sur les routes, mais aussi dans les airs. Cela vous surprendra peut-être, mais le téléphérique est un mode de transport alternatif qui suscite un intérêt croissant. Pourquoi le téléphérique ? Car c’est un moyen de transport de masse, propre (l’électricité peut même être fournie par l’énergie solaire), rapide et fiable, à même d’inciter les habitants à délaisser leurs voitures.

La ville de La Paz en Bolivie l’a bien compris, et fait référence en la matière. La cité andine possède en effet le plus grand réseau de téléphérique du monde, avec 11 lignes couvrant plus de 30 km, 39 stations et 160 000 passagers quotidiens desservant les banlieues de la capitale dissimulées dans un relief escarpé. Mi Teleferico a clairement permis de désengorger la ville de son trafic routier.

Embarquez à bord du plus grand téléphérique au monde et dites adieu à la circulation

En Ile-de-France, le premier téléphérique urbain devrait voir le jour, avec le projet Téléval, qui fait la part belle à l’intermodalité et doit relier la station terminus Pointe du Lac de la ligne 8 du métro à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. D’autres villes françaises suivent le pas, comme Toulouse avec le projet Aérotram.

La voiture volante TF-X

Les airs attirent les projets de transports les plus innovants, et sans doute les plus fous à nos yeux. Et pourtant prototypes et expérimentations sont en cours.

Qui ne peut se surprendre à rêver d’embarquer (pour les plus téméraires) dans cette TF-X ? Ce véhicule hybride fonctionnant avec des moteurs électriques se range au garage, peut rouler sur la route, mais aussi, après un décollage à la verticale, voler jusqu’à 320 km/h sur une distance de 640 km. Selon son constructeur américain Terrafugia (qui appartient à Volvo), apprendre à conduire une TF-X ne nécessiterait « pas plus de 5 heures » !

@ Terrafugia – Prêts à monter à bord ?

 

L’hyperloop d’Elon Musk

Il n’était pas possible d’évoquer la mobilité de demain sans parler de l’hyperloop, né de l’imagination d’Elon Musk, fondateur de SpaceX. Son projet ? Proposer un moyen de transport au moins deux fois plus rapide que l’avion et fonctionnant à l’énergie solaire. Concrètement, l’hyperloop ressemble à un train supersonique : il s’agit de faire circuler des « capsules » transportant des passagers ou des marchandises, à l’intérieur de grands tubes de 4 mètres de diamètre, sous vide. L’absence d’air permet en effet d’atteindre de très grandes vitesses (plus de 1 000 km/h). Pour comprendre comment fonctionne l’hyperloop, nous vous invitons à découvrir cette vidéo.

Transports de demain : l'hyperloop
© Virgin Hyperloop One

Aujourd’hui, plusieurs sociétés travaillent sur le développement de la technologie. En France, plusieurs projets sont en cours, dont celui du franco-canadien Transpod. Un prototype devrait voir le jour en 2022.  Les liaisons Paris-Le Havre, ou encore Paris-Toulouse sont à l’étude. L’objectif est d’ouvrir une ligne commerciale à 1000 km/h autour de 2030. Aujourd’hui, aucun test grandeur nature avec des passagers n’a été réalisé, mais à voir les essais, le futur n’a jamais semblé aussi proche.