Smart city

OCEANIX CITY

Oceanix

Oceanix… Cette ville aurait pu tout droit sortir d’une nouvelle bande dessinée d’Astérix. Mais Oceanix n’est pas née de l’imagination d’Albert Uderzo : elle est l’œuvre d’un architecte danois pour accueillir notamment les réfugiés climatiques victimes de la montée des eaux. Soutenue par l’ONU, cette initiative pourrait bien voir le jour dans les prochaines années. Découvrons ensemble cette ville flottante de demain.

La montée des eaux, une menace pour des centaines de millions d’habitants

L’élévation du niveau des océans semble inéluctable. De très nombreuses études mettent en garde contre ce phénomène qui s’accélère, et qui risque encore de s’accélérer dans les prochaines années, en dépit de nos actions contre le réchauffement climatique. Un rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) estime que d’ici la fin de notre siècle, le niveau de la mer pourrait augmenter de 110 cm. Une étude de l’Université Rutgers (Canada) indique que si nous ne parvenons pas à réduire significativement nos émissions de gaz à effet de serre, le niveau de la mer pourrait augmenter de15 mètres d’ici 2030 !

Ainsi, à cet horizon, une partie de la ville de Bangkok, qui s’enfonce d’un à deux centimètres chaque année, risque d’être submergée. Et dès 2050, c’est la quasi-totalité des Maldives qui risquent de disparaître sous les eaux de l’océan Indien.

Les populations côtières sont donc directement menacées. Or 11 % des 7,6 milliards d’humains vivent actuellement près des côtes, sur de petites îles ou au bord de deltas surpeuplés. Environ 28 % de la population mondiale vit à moins de 100 km des côtes et à moins de 100 m au-dessus du niveau de la mer. On imagine alors aisément les dégâts que provoquera la montée des eaux dans l’avenir. Le déplacement d’une partie de la population pourrait être, à terme, lui aussi, inéluctable.

Oceanix, la ville flottante pour accueillir les réfugiés climatiques

C’est devant ce constat pour le moins alarmant que l’ONU, et plus exactement l’ONU-Habitat (Programme des Nations unies pour les établissements humains – organisme qui promeut des villes durables), a décidé de soutenir le projet de l’architecte danois, Bjarke Ingels : un projet de vie urbaine autosuffisante sur les mers. Son nom ? Oceanix.

Une ville flottante modulable

Concrètement, Oceanix est constituée d’immenses plateformes flottantes de forme hexagonale. Chaque plateforme d’une surface de 15 000 m² peut héberger 300 habitants.

Oceanix a été pensée pour pouvoir grandir et se transformer au fil du temps. Ainsi, un village serait formé de 6 plateformes, pouvant accueillir 1 800 personnes ; une ville, telle qu’on peut la voir ci-dessus, serait constituée de 6 villages, portant la capacité d’hébergement à 10 800 habitants.

Chaque plateforme est amarrée au fond de l’océan par un matériau qu’on appelle biorock. Ce matériau très solide, qui ressemble à du corail, possède l’avantage de pousser très vite et de se solidifier avec le temps (grâce à un procédé qui utilise le courant électrique, “l’accrétion minérale électrolytique”).

Les constructions sont limitées à 7 étages pour limiter la prise au vent et ainsi mieux résister aux tempêtes. Les plateformes seront de toute façon  amarrées non loin de la côte, à moins de 2 km, pour permettre d’être remorquées en cas de catastrophe.

Les fonctions sociales, récréatives et commerciales sont distribuées autour des anneaux centraux, pour inciter les citoyens à se rencontrer autour du village. Tout est prévu pour que les habitants puissent facilement se déplacer, que ce soit à pied ou en bateau.

Une ville eco-responsable et autonome

Mais Oceanix n’est pas qu’une simple ville flottante : elle est aussi un modèle de ville durable et résiliente, en visant notamment l’autosuffisance et le zéro impact ! Le projet prévoit ainsi de recourir exclusivement à des matériaux naturels, comme le bambou ou le bois. Les voitures seront prohibées, et remplacées par des drones pour les livraisons, des vélos ou des bateaux électriques pour les déplacements. Les déchets seront directement déposés dans des bornes, pour être automatiquement aspirés et acheminés dans des centrales de recyclage par des tubes pneumatiques souterrains.

Des panneaux solaires, des turbines éoliennes et hydrauliques génèreront par ailleurs l’énergie indispensable au fonctionnement de la ville, tandis que l’eau de pluie sera récupérée et l’eau salée recyclée.

Enfin, l’autosuffisance alimentaire sera assurée par l’agriculture marine d’une part, l’élevage de poissons et crustacés permettant de satisfaire nos besoins en protéine, et la culture de fruits et de légumes dans des surfaces réservées à cette intention.

Curieux ? Faites le tour de la ville grâce à cette visite en 3D :

Un prototype d’Oceanix City devrait voir le jour sur l’East River, à New-York, près du siège des Nations Unis. Si Oceanix ne résoudra pas tous les problèmes, le projet se révèle passionnant. Reste à savoir comment il pourra être financé…

Crédits photos : © BIG-Bjarke Ingels Group