Smart city

De la smart city au smart citizen

Quand on parle de smart city, on pense ville hyper connectée, gérée par les nouvelles technologies à base de capteurs, de domotique ou de compteurs intelligents. Des technologies qui permettront d’améliorer nos conditions de vie et de travail tout en réduisant considérablement notre impact sur l’environnement. La promesse est alléchante. Les enjeux capitaux. Deux tiers de l’humanité vivra en ville d’ici 2050 ; 43 villes dans le monde dépasseront les 10 millions d’habitants. Mais dans ce contexte où la technologie et la data investissent nos vies, le citoyen doit (re)devenir acteur. Car sans smart citizen, il ne peut y avoir de ville intelligente.

Le smart citizen, acteur de la ville intelligente

Donner au citoyen, c’est-à-dire vous et nous, le rôle d’acteur, c’est s’assurer que la ville de demain ne sera pas une coquille technologique dénuée de sens. C’est passer d’un modèle où les citoyens sont consommateurs (de services, de technologies) à un modèle où les citoyens deviennent parties prenantes du développement de la ville. Ainsi, les initiatives dans le domaine de la smart city doivent servir d’abord les préoccupations des habitants (en matière de mobilité, de santé, d’habitat, d’alimentation…), en privilégiant la co-construction. C’est ainsi que l’on passera du modèle de la smart city à celui du smart citizen : en adoptant une approche centrée sur le citoyen plutôt que sur la technologie.

Mais comment impliquer les citoyens ?

Pour qu’il y ait smart city, il faut donc qu’il y ait des citoyens acteurs. Voyons quelques exemples et initiatives au service du smart citizen.

Offrir des outils de mesure et d’analyse : l’exemple du smart citizen kit

Pour permettre à tous de s’impliquer dans les problématiques environnementales locales, les « Fab Labs »  (contraction de l’anglais fabrication laboratory) de Barcelone et l’Institut d’Architecture Avancée de Catalogne, tous deux experts de l’impact des nouvelles technologies sur l’habitat humain, ont conçu un kit de « monitoring » de l’environnement. Grâce à ce kit, il est possible de capter et d’analyser des données en temps réel, telles que la température, l’ensoleillement, l’humidité, le Co2, les décibels… à l’échelle locale.

Des centaines de kits ont été déployés à travers le monde. Ils sont utilisés dans le cadre de projets menés localement par des groupes de citoyens, parfois en collaboration avec les municipalités (c’est le cas notamment au Kosovo, à Amsterdam, à Manchester ou à Barcelone). Ces kits permettent de mesurer l’impact d’initiatives prises en matière de préservation de l’environnement ; ils offrent également un excellent support pour l’éducation et la sensibilisation des plus jeunes aux problématiques environnementales.

Cela vous inspire ? Vous avez un projet dans le domaine de la préservation de l’environnement et avez besoin d’indicateurs ? Le kit peut être commandée en ligne : https://smartcitizen.me/

Favoriser l’interactivité via des applications mobiles

De plus en plus de services en marque blanche permettent aux municipalités non pas simplement de communiquer en direction des citoyens, mais d’interagir avec eux. Des applications telles que Neocity, Bouge ma ville, myMairie en sont quelques exemples.

L’application Bouge ma ville permet aux citoyens de signaler les dysfonctionnements et incidents auxquels ils sont confrontés dans leur ville au quotidien (une fuite de canalisation, un nid de poule, un panneau couché par le vent…) ou d’émettre des suggestions. Ce type d’application permet à chacun de s’impliquer concrètement dans la vie de sa commune. Les services municipaux reçoivent ces notifications en temps réel et peuvent ainsi intervenir rapidement si besoin. Les usagers sont en retour informés de la prise en charge de leur demande.

Donner la parole : l’exemple du programme futurs 21

Des initiatives existent à tous les niveaux, même très localement et sans forcément d’importants déploiements techniques ou numériques.
En Côte d’Or, à Genlis précisément (ville de 4500 habitants au sein de Dijon Métropole), un dispositif d’engagement des citoyens a été mis en place sur une durée de 2 ans (le programme Futurs 21). Objectif ? Promouvoir de nouvelles pratiques de consommation et de comportements civiques. Des réunions publiques et des ateliers sont organisés par la municipalité pour permettre aux habitants de réfléchir collectivement et proposer de nouvelles solutions autour de la mobilité, de la nature, de l’alimentation ou encore des équipements pour améliorer leur vie dans la commune. L’expérience a débuté en début d’année par une consultation des habitants via un questionnaire. Une première réunion publique s’est tenue par la suite pour lancer les premières réflexions sur les mesures concrètes à aborder (quelques exemples de projets : isolation des logement, développement du compostage collectif, lancement d’un réseau d’entraide, adhésion à une Association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP), recours à une énergie alternative …).

Repenser la démocratie au travers des Civic Tech

Comment faire pour qu’un nombre croissant de citoyens participe à la décision politique ? C’est à cet enjeu, qui trouve aujourd’hui un écho brûlant dans l’actualité, que les CivicTech tentent de répondre. Rendre la politique plus lisible et transparente, faciliter l’intelligence collective en ligne, favoriser les échanges et la co-construction entre citoyens et parlementaires, inclure les citoyens dans les prises de décision au niveau local sont autant d’objectifs des CivicTech (dont nous parlerons dans un prochain article). Pour faire de chaque citoyen un smart citoyen.