Smart city

Civic Tech : la technologie au service de la participation citoyenne

Civitech

 

 

Dans un précédent article, nous mettions en lumière la place centrale que le citoyen, en tant qu’acteur et non plus simple consommateur, doit occuper dans la smart city de demain. Les outils numériques peuvent nous y aider, notamment quand il s’agit de repenser les mécaniques de concertation et de participation citoyenne. Les Civic Techs nous donnent les moyens de peser davantage dans le débat public. Quels sont ces outils ? Comment peuvent-ils revitaliser l’exercice du pouvoir ?

Civic tech : comment la technologie booste l’engagement citoyen ?

Révolution politique autant que technologique, les technologies civiques ont débarqué dans nos démocraties il y a une quinzaine d’années. Issue des Etats-Unis, cette tendance a comme objectif de réinvestir les citoyens dans la vie publique. Cela passe par la création d’une communauté engagée, grâce notamment au digital. Mais, concrètement, une civic tech, c’est quoi ?

Qu’est-ce qu’une civic tech ?

Encore un peu confus, le mouvement de la civic tech désigne un ensemble d’innovations technologiques, civiques et sociétales. Selon le site américain Forbes, son but est « d’améliorer la relation entre la population et le gouvernement. Cela est possible en donnant davantage de voix au peuple pour participer à la prise de décisions publiques ». À l’échelle mondiale, de nombreuses initiatives existent déjà : comparateurs de programmes politiques, des outils contributifs de signalement, ou des plateformes de participation citoyenne.

Les enjeux de la technologie civique

Lors de la dernière élection présidentielle de 2017, le taux d’abstention de votes au second tour était estimé à 25,3%. Un record depuis l’élection de 1969 … Cette statistique témoigne d’une fracture croissante entre citoyens et partis politiques qui se comprennent de moins en moins.
Alors, quels sont les principaux enjeux de la technologie civique ? Aujourd’hui, la politique n’échappe pas à l’ubérisation qui bouleverse nos modes de vies. Grâce à la réouverture du dialogue politique/citoyen, l’accélération des processus de décision, la construction de politiques plus efficaces ou ouverture des données publiques, etc.

Transition vers une démocratie ouverte

Sans pour autant remplacer les institutions publiques, la technologie peut offrir de nouvelles opportunités à la démocratie.

Le premier enjeu de la démocratie ouverte et des civic tech repose sur la « transparence de la donnée ». L’objectif est d’éclairer l’avis des citoyens et comprendre les enjeux d’aujourd’hui pour préparer demain. L’association “Nos députés” partage la data propose à ses élus : taux de participation de l’élu en hémicycle, production et rapports produits, questions posées au gouvernement, contact, etc. Un bon moyen pour les citoyens de suivre l’activité de leurs élus en toute transparence.

Le second enjeu vise à fluidifier le dialogue pour renforcer le système actuel. Alors comment inclure le citoyen dans cet écosystème par le débat ? De quelle manière la participation active ou la prise de décisions permet de regagner sa confiance ? Prenons l’exemple de Vosidéesvertes, la plateforme participative qui permet de trouver des solutions concrètes et locales sur l’environnement. Vosidéesvertes a déjà réfléchi à 15 propositions déposées au ministère de la Transition écologique : ces idées seront également portées par de nombreux candidats aux élections municipales de 2020.

Mais alors quelle est la place des données personnelles au sein de la civic tech ?
Ce sujet est étroitement lié à la démocratie et à la liberté de chacun. La CNIL encadre l’utilisation des données politiques : toute donnée doit être consentie explicitement par la personne concernée. De plus, les technologies civiques doivent permettre aux individus de s’exprimer librement sans avoir à supporter le poids de la pression sociale (donc de manière anonyme).

Ensemble, construire le monde de demain

Que ce soit par des organismes nationaux ou des actions à petite échelle, chacun à la possibilité de faire évoluer la situation et débuter une politique du changement. La civic tech française se distingue entre technologies pour la démocratie et technologies pour l’engagement civique.
Certains souhaitent faire évoluer la démocratie de leur propre chef par une participation active à l’Assemblée. Comment ? en « hackant » l’hémicycle par l’élection de citoyens volontaires qui voteront pendant 5 ans sur toutes les lois comme les électeurs le décideront. C’est le travail quotidien de l’organisme #MaVoix, qui redonne la parole à l’ensemble des citoyens français.

18 mars : journée nationale et participation citoyenne à la civic tech

La première journée de la civic tech et de l’engagement citoyen a eu lieu le 18 mars 2019 à Paris. Organisée par l’organisme « Décider ensemble », l’objectif de cette journée était de dresser un état des lieux de la démocratie digitale en France. Les débats s’animent autour de tables rondes, de conférences et d’ateliers dédiés. Trois associations ont eu l’opportunité de présenter leurs projets de civic tech afin de les financer.

L’exemple du Civic Hall de New York

Situé au cœur de l’une des plus grandes villes des Etats-Unis, le Civic Hall de New York a ouvert ses portes en 2015. Comme l’ensemble des civic tech, son but est de recréer une interaction entre décideurs et citoyens par le biais de conférences, tables rondes, etc au sein des espaces de travail du Civic Hall.

Change.org, civic tech spécialisée dans les pétitions citoyennes en ligne

Utilisé par plus de 330 000 000 citoyens, cette plateforme permet à chacun de lancer sa propre pétition portant un intérêt citoyen. Certaines grandes tendances sociales sont parties de cette plateforme comme l’arrêt de la destruction massive des invendus chez Amazon. Vu le nombre impressionnant de signatures, le directeur d’Amazon France a mis en place l’automatisation de dons sur les invendus de la marque. Une action auprès d’un GAFA avec un impact environnemental et sociétal hors norme, grâce à l’intervention d’une civic tech.

Crédit photo : unsplash