Architecture et design

Habiter autrement

Qui n’a pas eu envie, enfant, de vivre dans une cabane ? Entre le mobil-home et la cabane de trappeur, la tiny house répond à un art de vivre minimaliste et respectueux de l’environnement. Mouvement tant architectural que sociétal, ces mini-maisons connaissent aujourd’hui un engouement croissant. Alors que nous avons vécu confinés de longues semaines, prenons la route à bord de ces petites maisons nomades…

Less is more

Une alternative économique et écologique

Les Tiny House voient le jour aux Etats-Unis au début des années 2000. L’époque est alors à la surenchère des mètres carré : 247 mètres carrés, c’est, en 2013 la taille moyenne des habitations principales pour les primo-accédants, soit une augmentation de presque 50% en 35 ans ! C’est en réaction à cette tendance que naît le mouvement des mini maisons (ou Tiny Houses), dont la surface ne dépasse pas les 35 m2.

Les ravages causés par l’ouragan Katrina en 2005 et la crise financière de 2008 donnent par la suite un coup de projecteur sur ces maisons, qui se présentent alors comme une alternative économique et écologique à l’habitat traditionnel. Elle répondent à un appel à davantage de simplicité et de liberté. Peu gourmands en énergie, construits à partir de bois et de matériaux durables, ces habitats qui tendent vers l’autosuffisance (grâce à l’installation de panneaux solaires, de toilette sèche, ou de système de récupération de l’eau de pluie) ont peu d’impact sur l’environnement.

De petites mensurations

Les Tiny House sont donc des maisons “minuscules “: ces constructions ne doivent pas dépasser 2,55 mètres de large, 4,50 mètres de haut et 3,5 tonnes. Si les surfaces sont donc petites, les volumes peuvent être néanmoins importants grâce à la hauteur sous plafond, permettant le plus souvent de nicher des mezzanines pour dormir. Dans une Tiny House, le gain de place est bien sûr primordial, et des trésors d’ingéniosité sont déployés pour optimiser l’espace de vie et le confort de ses habitants.

Les tiny house sont par essence des micro maisons nomades, montées sur remorque (qu’il est possible d’enlever). Elles répondent à un appel à davantage de simplicité et de liberté. Peu gourmands en énergie, construits à partir de bois et de matériaux durables, ces habitats qui tendent vers l’autosuffisance (panneaux solaires, toilettes sèches, récupération de l’eau de pluie) ont peu d’impact sur l’environnement.

Tiny Houses : nos coups de coeur

La Klein A 45, la plus design

Bjarke Ingles Group / Photos : Matthew Carbone

Qui ne se laisserait pas séduire par ce petit joyau d’architecture, conçu par le designer Søren Rose ? Une immense paroi de verre habille cette cabane ultra comtemporaine, apportant beaucoup de luminosité et effaçant la frontière avec l’extérieur.

Cette tiny house, constituée d’une série de murs triangulaire  en pin foncé, forme un “A” typique des cabanes de la région de New York, qui permet aux eaux de pluie de s’écouler aisément. L’A45 est construite à partir de modules 100% recyclable assemblés sur le site et reposant sur quatre piliers en béton. De quoi faciliter l’installation de cette tiny house en pleine nature, dans des zones reculées.

 

La Tiny 100, contre la crise du logement

Des tiny house à 100 euros par mois pour lutter contre la crise du logement dans les grandes villes
Photos : Tiny House University

Retrouvons le bitume pour découvrir la Tiny 100, mise au point par l’architecte Van Bo Le-Mentzel. Cet architecture allemand engagé a imaginé cette petite maison en solution à la crise du logement et à l’explosion des loyers dans les grandes villes, et notamment Berlin. Avec le collectif Tiny House University (TinyU), l’architecte a donc lancé en 2017 la Tiny 100, une petite maison sur roues de 6,4m2 au sol et 3,60m de haut avec tout le confort nécessaire (kitchenette, poêle à bois, table, lit, bureau, toilettes et même canapé).

Ce logement est proposé à un loyer de 100 euros par mois, chauffage et connexion internet inclus ! Essentiellement destinée aux étudiants et aux travailleurs précaires, cette tiny house offre une vraie solution alternative au logement traditionnel en centre ville.

 

La Fasted-Shed, la plus rapide

Voici une Tiny House qui laissera sans voix les adeptes de vitesse : construite sur le châssis d’une Volkswagen Passat, et équipée d’un moteur d’Audi RS4, cette maison nomade peut atteindre les 160 km/h ! Avec son look remarquable entre tous, ce cabanon peut en toute légalité arpenter les routes de l’Angleterre. Ce dont ne se prive pas son heureux propriétaire.

 

La Tiny House la plus petite

Le concepteur de cette “micro tiny House” (pour oser le pléonasme), Jeff Smith, s’est lancé un défi de taille : concevoir  la tiny house habitable la plus petite au monde. Pari réussi : futon pour dormir paisiblement, table, cuisine et même toit-terrasse, sont présents dans cette maisonnette de 2,3 m², qui ne passe pas inaperçue malgré ses dimensions (2m13 de long pour 91 centimères de largeur) !

Si vous faites en vacances à Boston, sachez que cette tiny house est disponible à la location pour la modique somme de 49 €. Pour plus d’infos sur cette maison, la plus petite au monde,  rendez-vous sur le site qui porte son nom.

La Tiny House la plus petite au monde
© Jeff Smith

Korok, la Tiny House qui flotte

Pour ceux qui préfèrent l’eau à la terre ferme, la société canadienne Daigno a imaginé Korok, une tiny house flottante, que l’on tracte sur la route comme une caravane. De 7,9 m de long et 2,6 m de large, cette tiny house peut accueillir jusqu’à 4 personnes la journée, 2 la nuit grâce à un table convertible en lit. Frigo, cuisinière, armoires de rangement, évier, panneaux solaires, système de filtration des eaux usées… tout a été pensé pour pouvoir s’évader en toute tranquillité. La Korok est proposée à partir de 79.999 dollars canadien, soit environ 53.000€. Pour la voir évoluer sur l’eau, c’est sur youtube.

© daigno.ca

 

Koda, la tiny House qui s’installe à peine 7 heures

La Koda, une tiny house modulable selon ses besoins
photos : kodasema

Besoin d’un petit studio indépendant, d’un bureau, d’une boutique ou même d’une salle de classe ? La Koda est modulable pour s’adapter à toutes les envies et déclinables à volonté. Cette jolie tiny house au design contemporain de 25 m2 a le sérieux avantage de pouvoir être montée et se démontée à volonté, en moins de 7 heures. Conçue par la société estonienne Kodasena, cette petite maison  peut être assemblée sans qu’aucune fondation ne soit préalablement nécessaire.

Ainsi, pas plus de 25 mètres carrés au sol sont nécessaires pour disposer d’un salon, d’une cuisine, d’une salle de bain ainsi que d’une chambre installée en mezzanine. Les designers se sont même offert le luxe d’intégrer une petite terrasse à l’avant du bâtiment, témoignant ainsi de leur souci du détail et de la précision.

 

Neptunea, le nuage, le tronc creux…. les Tiny Houses les plus oniriques

photos : Bordeaux métropole

Pour terminer notre balade, nous avions envie de vous emmener près de Bordeaux, pour découvrir ces tiny house uniques, véritables créations artistiques posées en pleine nature.  Dormir dans un coquillage, un nuage, un tronc ou un hibou en pleine nature… tel est le projet imaginé par un collectif de création urbaine, le Bruit du frigo, mené en collaboration avec l’atelier Zébra3, pour Bordeaux Métropole. Les Refuges périurbains de Bordeaux proposent ainsi 11 observatoires artistiques “en dialogue avec leur environnement, qui invitent le randonneur, l’habitant, le visiteur, à porter un regard nouveau sur le périurbain”.

Cerise sur le gâteau, ces refuges périurbains sont ouvert à tous gratuitement, à raison d’une nuit par saison et par habitation. Rendez-vous sur le site dédié.