Architecture et design

Quand l’architecture favorise le mieux vivre ensemble

JNA

Les Journées Nationales de l’Architecture reviennent du 15 au 17 octobre 2021 pour une 6e édition dédiée au “Vivre ensemble”. A travers une programmation riche en rencontres, balades urbaines, débats, expositions, ou visites de chantier, cette 6ème édition cherche à comprendre comment l’architecture peut favoriser le “vivre ensemble” dans une société fragilisée par la crise sanitaire.

L’occasion pour nous de revenir sur deux projets architecturaux atypiques, qui servent avant tout le quotidien de ses habitants comme de la nature environnante : la maison ouverte et nomade de Caspar Schols, et la maison Hourré, un modèle de vivre ensemble et de respect des lieux existants.

Cabin ANNA : une Tiny House “magique” qui s’ouvre et se ferme au gré des envies

Et si votre maison s’ouvrait sur votre environnement ? C’est le concept original proposé par l’architecte Caspar Schols, qui s’inscrit dans le concept très tendance des tiny house ou des maisons nomades. Avec ANNA, le concept va encore plus loin avec une maison qui s’ouvre, se ferme et se configure au gré des envies et de la météo.

Pour l’architecte, il s’agit d’une “maison dynamique sous la forme d’une plateforme ouverte pour vivre avec plutôt que contre les éléments, en jouant avec la configuration des couches de la maison – tout comme la façon dont vous vous habillez en fonction des différentes conditions météorologiques, occasions et humeurs. »

Conçue sur deux coques coulissantes, l’une en bois, l’autre en verre, cette maison se referme pour des moments de cocooning et s’ouvre lorsque l’envie de renouer avec la nature se fait sentir.

Ce pavillon nomade est entièrement démontable et remontable dans n’importe quel endroit : le montage se fait en cinq jours à trois personnes, le démontage ne prend que trois jours. Face à la montagne, sur une plage, devant un coucher de soleil, ANNA permet un nomadisme rarement égalé.

ANNA est prévue pour 4 personnes tout en respectant le confort de tous. Seule la pièce à vivre glisse et se transforme. La zone fixe se constitue de la cuisine, de la salle de bain et d’un espace de rangement. La mezzanine permet d’accueillir un second lit king-size, le lit principal se trouvant dans la partie amovible.

La maison est faite de mélèze issu de forêts durables et non traité. A l’intérieur sont utilisés du contreplaqué de bouleau et une isolation de sciure de bois de 5 cm. Pour se chauffer, il est possible d’installer un poêle à bois pour les nuits fraîches. La climatisation ? Nul besoin, les longues fenêtres qui surplombent le toit garantissent la fraîcheur en ne laissant pénétrer que le soleil indirect.

Pour s’échapper et épouser la nature, il faut compter 87 000 € pour le premier modèle (hors taxe et hors construction), livrable en une seule pièce ou par paquets plats.

La Maison Hourré à Labastide-Villefranche (Pyrénées-Atlantiques)

La maison Hourré est un modèle de vivre ensemble et de respect des lieux existants.

Au début de chaque projet, une histoire… Ici, une ancienne ferme basque. A la découverte des lieux, les propriétaires admirent un toit effondré qui a permis à la nature de reprendre ses droits au cœur de la bâtisse. Une source d’inspiration pour l’architecte Anna Chavepayre et son collectif “Encore” qui vont réinventer le logement en harmonie avec la nature, notamment en conservant cette ouverture de toit et en privilégiant des portes fenêtres coulissantes qui disparaissent une fois ouvertes.

Un projet immobilier centré sur le respect de l’environnement avec un petit budget

C’est le pari engagé des propriétaires, celui de respecter une règle d’or : “en faire le moins possible et créer 50% d’espaces extérieurs.” Comment ? Grâce à une conception bioclimatique, favorisant différents microclimats à travers toute la maison.

  • L’abri-Sud : une terrasse couverte, espace tampon abrité du vent et du soleil, proposant une double hauteur entre l’intérieur et l’extérieur. Le soleil bas en hiver réchauffe l’espace ; lorsqu’il monte en été, la toiture protège les habitants et la végétation apporte une fraîcheur naturelle. L’ouverture dans le toit permet un arrosage naturel du jardin et une vue sur les Pyrénées à l’étage.
  • L’étable : à l’arrière de la maison, l’ancienne étable a été conservée et transformée en espace technique et de travail. Pas d’isolation ni chauffage.
  • La terrasse ouest  : au-dessus de l’étable, l’ancien grenier à foin en parpaings est devenue une belle terrasse où il fait bon se prélasser.

Plus qu’écologique, une maison qui se réinvente pour mieux vivre ensemble

Au delà de sa dimension environnementale, c’est le respect de la construction à l’origine qui permet de repousser les limites du logement et de créer une maison qui s’invente au quotidien.

Par exemple, le choix audacieux de créer une salle de bain extérieure, entièrement coupée du vent qui devient un ”capteur de soleil” avec son propre microclimat. Une salle de bain qui permet par ailleurs de prendre des douches toute l’année sous un ciel étoilé…
Ou encore, le choix de ne pas créer de cloisons inutiles et coûteuses dans des murs épais, et de conserver les espaces. Ainsi, une salle de bain intérieure de 25 m² devient une bibliothèque, un salon ou une salle de jeux au gré des envies.
En laissant la maison s’inventer, on ouvre la porte à de nouvelles habitudes. L’adage “une pièce est égale à une fonction” n’existe plus, et chaque espace peut être multifonction. Un escalier se transforme en une étagère, un bureau, un bar, un espace de rangement… Une table de nuit se métamorphose en escalier, des gardes corps en une bibliothèque, et des parquets peuvent même devenir des bureaux.

C’est en laissant la place au monde des vivants (humains, animaux, végétations…) que la maison se réinvente au fil du temps, favorisant le vivre ensemble.

CREDIT PHOTOS : ENCORE (CHANTIER) – MICHEL BONVIN (PROJET TERMINÉ)